L'ours blanc nous narrait son expérience et sa philosophie sur le forum bulle-immobilière.org . Il nous a quitté le 10 février 2007.

C'est pour lui rendre hommage que j'ai retranscrit ici ces contributions les plus intéressantes.


Gold
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Le taux d’interet comme un prix (20/11/2006)

Comme d'hab, je vais faire entendre une petite musique différente, sans méchanceté aucune, histoire de faire un pas de côté pour voir un peu différemment. Et donc, sous un angle inhabituel, tenter de réfléchir.

Un taux d'intérêt c'est un prix. Mais le prix de quoi ?
Le prix d'un renoncement. Renoncement à quoi ? Renoncement à ce qu'on appelle la préférence pour le présent, la PP.
En effet, l'homme préfère toujours une satisfaction immédiate à une lointaine, même pas certaine du coup, de surcroît.
Si je vous propose de choisir entre vous offrir 100 000 € aujourd'hui et les mêmes 100 000 € en janvier 2022, votre choix est fait ; n'est ce pas ?
L'économie n'est bâtie que sur la psychologie, c'est d'ailleurs pourquoi les meilleurs financiers sont d'anciens psy, et en plus, plus rigolos que les banquiers traditionnels, parce qu'avec eux, vous risquez pas de rigoler trop souvent.
Donc, les hommes préfèrent le présent. Pour les faire renoncer à leur présent, présent de certitudes, il faut leur donner quelque chose. Et cette chose c'est l'intérêt. D'autant que l'avenir appartenant au hasard et à lui seul, comme le chante si joliment Jacque Brel, il y a un autre élement qui entre en jeu : la confiance. Pour se dessaisir de présent en faveur de l'avenir, encore faut-il avoir une raisonnable conviction que celui-ci va advenir.
Voilà, grossièrement, le décor psycho est planté.

Alors les taux d'intérêts et leur prix. Ben le prix n'est que la confrontation des désirs ! Entre la jouissance immédiate, et la confiance en un avenir meilleur, car gonflé des intérêts accumulés. Et ça, ça varie bigrement selon les individus et chez un même individu au cours de sa vie.
En quoi cette question de désir à renoncer à la PP (préférence pour le présent) est-elle une question politique ? Hein ?
En quoi il y aurait une différence de nature entre taux longs gérés par le marché, les désirs donc (mais autrefois administrés) et taux courts administrés par des machins politiques, au sens large (donc comprenant les banques centrales dans cette acception).
En quoi cette "politique des taux" a-t-elle été un succès ? Bulle sur bulle !
Si on veut contrôler l'inflation, c'est la quantité de monnaie qu'il faut surveiller ; pas son prix.
Laissons les taux, tous les taux, se former par la vérité, la seule, qui les sous tend : le désir. Ici le désir de renoncer à la préférence pour le présent.

Ce ne sera nullement le paradis, mais vraisemblablement moins pire. Car on administre pas un désir sans le tuer !

P.S : je ne cherche nullement à vous plaquer des affirmations dans la figure. Je cherche à faire faire un (petit) pas de côté. Juste pour voir.
Parce qu'à entonner et réentonner tous ensemble les vieilles antiennes, on va, tous ensemble également, sauter du haut de la falaise. Comme les moutons de Panurge.

« Post assez original Pajala en effet.......

j'aurais juste une observation: on y retrouve uniquement le point de vue de l'homooeconomicus faisant des choix rationnels: consommer ou placer son argent (aux Marquises?).

La réalité du crédit et de la création monétaire ne comporte pas que celà: elle concerne surtout des consommateurs qui ont une forte "préférence pour le présent" (acheter sa maison, sa voiture,... à crédit au lieu d'épargner et d'attendre) et une "marchandise" (l'argent) dont la production est très élastique car seulement limitée par la notion toute relative de"solvabilité"et par le respect de ratios bancaires approximatifs.

Le prix de l'argent peut difficilement être fixé par le marché à partir d'une "rareté" (qui n'existe plus depuis 30 ans), sauf à annuler l'effet positif de la création monétaire sur la croissance ( pour mémoire: la croissance mondiale actuelle puise surtout sa force dans le crédit).

Le problème n'est pas la création monétaire en soi mais la limite qu'elle ne doit pas dépasser: entre un "étalon" (or ou autre) qui bloque la croissance et une politique laxiste des banques centrales qui crée une inflation plus ou moins visible et des bulles, il doit bien y avoir un juste milieux! »

Au fond, vous dites, à peu près, la même chose que moi, sauf sur :

« Le prix de l'argent peut difficilement être fixé par le marché à partir d'une "rareté" (qui n'existe plus depuis 30 ans) »

Et là, je retrouve, ce qui pour moi est une confusion assez commune, que ce serait la rareté qui serait un soubassement, alors que je m'époumone à essayer de faire comprendre que ce n'est pas la rareté mais le désir !
Ce que de nombreux syllogismes absurdes démontrent - tout ce qui est rare est cher, or un cheval borgne est rare, donc un cheval borgne est cher - absurde évidemment. Remplacez rare par désiré, et vous verrez où est l'arnaque.
C'est bien le désir (au sens générique) qui est le moteur des humains, et pas une quelconque appétence pour la rareté en soi.
À partir de cette compréhension, on peut regarder les choses, toutes les choses (et pas seulement "économiques") d'un autre oeil.
J'en profite pour rappeler une de mes préférées, qui est de Pajala et pas de Bossuet, celle-là :

La valeur n'est que la quantification du désir

Bien cordialement,
Pajala

Assurance vie (24/10/2006)

« Puisqu'il y a des spécialistes des banques, je demande conseils : je souhaite ouvrir une assurance vie »

Mon conseil n'en faites rien !
L'assurance vie, c'est une arnaque. Vous ne savez pas ce qu'ils font de votre argent, et en plus, ils vous prennent des coms, et des frais de gestion.
C'est très simple l'épargne :
- Pour les fonds qui doivent rester disponibles : les comptes rémunérés sur livrets.
- Pour l'épargne à long terme : la bourse et les actions ! Les obligations, éventuellement, mais c'est un produit risqué et très "fin" à piloter.
On ne met JAMAIS en bourse de l'argent dont on risque d'avoir besoin !
Tout le reste, immo compris, à fuir !
Ensuite roulez jeunesse, et rendez-vous à l'ISF !

Parole de Pajala

Bien cordialement,
Pajala

Probleme de retraite et alea (09/11/2006)

« Mais si! On ne sait pas combien d'actifs cotiseront lorsque vous prendrez votre retraite (on fait des projections, mais on se plante)! C'est une mutualisation inter-générationnelle : les actifs se mettront à cotiser plus ou moins en fonction des besoins. Et les retraités recevront plus ou moins. Pilotage à vue, arbitrage permanent entre nécessités, efficacités, et générations. Je n'ai pas dit que c'était un système de rêve! C'est un système favorable à la cohésion sociale

Sinon, la mutualisation est moins celle des risques ou de l'alea, que celle des revenus à un moment donné par redistribution d'une partie des revenus salariaux aux retraités. Solidarité entre contemporains... :wink: »

Il n'y a pas d'aléa !

Le problème des retraites était déjà connu et prévisible dès 1962 !
Parce que les gens destinés à payer les retraites par répartition n'étaient, tout simplement, déjà pas nés !
Les politiques, qui ne sont pas cons à ce point, le savaient. Donc ont menti sciemment !
Tout le monde, d'ailleurs le savait, ou pouvait le savoir. Tout le monde s'est menti !

Les rares qui ont eu, non pas même de l'intelligence, mais simplement le bon sens, et la capacité, certes pas donnée à tout le monde à ce que je suis obligé de constater, de faire une règle de trois (compliqué ça :wink:), et qui se sont tranquillement constitué leur petit fond de pension perso ont pris leur retraite à 41 ans. Ne me demandez pas comment je le sais...., je le sais, voilà !

Alors l'aléa sur le temps qui passe, hein ? Comme disaient les paysans, brouillard en novembre - Noël en décembre ! Ça s'assure, ça ?? :wink:
Bien cordialement,
Pajala

Interet financier et Retraite par Pajala (08/11/2006)

• CHAPITRE 1 : NOTIONS SUR LE MECANISME DE L'INTERET DE LA MONNAIE

1 : JUSTIFICATION DU PRET A INTERET

La prêt à intérêt était autrefois interdit par la religion catholique. Toutefois c'était si difficile qu'il fallut trouver des expédients pour le pratiquer quand même. Ainsi les Juifs étaient-ils autorisés, sous certaines conditions, à pratiquer le prêt à intérêt (ils n'étaient pas catholiques, donc pour eux ce n'était pas un péché).

Mais les docteurs de la foi catholique eux-mêmes reconnaissaient en cachette que la position doctrinaire pure et dure des Pères de l'Eglise était intenable. Aussi inventèrent-ils toutes sortes de substituts au prêt à intérêt, qui permettaient de l'utiliser quand même. L'un d'eux fut à la fois raillé et popularisé par Blaise Pascal dans son livre Les Provinciales, c'est le fameux <<>>. C'est le Père Sanchez qui expliquait à ses ouailles que le contra Mohatra n'était pas un péché, bien que le prêt à intérêt en soit un, et c'est pourquoi Pascal le raille méchamment, en le présentant comme un bel exemple d'hypocrisie jésuitique.
La contrat Mohatra, c'est en substance ceci :

Il est interdit d'emprunter de l'argent à intérêt, mais il est permis de vendre une pièce d'étoffe au comptant et à bon marché, et de la racheter aussitôt chèrement et à crédit.

Bref, toute l'histoire de nos sociétés occidentales montre que le prêt à intérêt est une loi naturelle inhérente à la monnaie même, et qu'il est vain de prétendre l'interdire.

Mais d'où vient cette nécessité naturelle ? de l'activité économique même ! si un entrepreneur emprunte de l'argent pour réaliser son projet et que ce projet s'avère rentable, il est logique et sain de faire profiter le prêteur des bénéfices du projet. En effet, le prêteur, en prêtant son argent, s'est privé d'une consommation immédiate, son argent était le résultat de ses propres efforts et sacrifices antérieurs, donc il a rendu un service qui mérite rémunération. La rémunération proportionnelle à la quantité d'argent prêté est la plus naturelle car en général, le bénéfice d'une entreprise qui a réussi est proportionnel à l'investissement. (Cf Préférence pour le Présent : PP).

Ainsi se justifie à l'échelon individuel la pratique du prêt à intérêt. A l'échelon de toute une société, cette justification conduit à la notion d'épargne rémunérée, les taux moyens traduisant le développement global de l'économie.

Le taux de l'intérêt est-il choisi arbitrairement ? bien sûr que non ! est-il le résultat d'une simple volonté, voire d'un caprice ? non ! en fait, globalement, il s'impose de lui-même, il est fonction directe du taux de croissance global de l'économie. Et réciproquement d'ailleurs ! c'est un peu comme le courant électrique = on peut fabriquer du courant à partir du champ magnétique créé par un aimant, en faisant tourner un induit autour de l'axe de ce champ, mais réciproquement, un courant qui passe dans un solénoïde crée un champ magnétique dans l'axe de ce solénoïde. Eh bien le taux d'intérêt global moyen c'est pareil : quand il a sa juste valeur, il crée de la richesse matérielle, et réciproquement la richesse matérielle détermine le taux d'intérêt global moyen de l'argent.

Du temps où la richesse matérielle était fondée essentiellement sur la propriété foncière, on estimait généralement que le taux d'intérêt global moyen tournait autour de 5%, qui était à peu près ce que rapportait en moyenne la Terre (5% c'était le prêt au denier vingt). Quand le centre de gravité de la richesse s'est déplacé vers l'industrie, on a constaté des taux un peu plus forts, mais pas tant qu'on pourrait croire. En réalité sur le long terme, même dans nos sociétés industrielles, le taux moyen de 5% reste la référence la plus sérieuse.

Bien sûr les détenteurs de monnaie ont de tous temps cherché à prêter leur argent à bien meilleur taux. Les usuriers, à en croire Molière, Balzac et d'autres, s'en seraient donnés à coeur joie depuis bien longtemps. Cependant ces excès sont restés marginaux, et au cours du temps ont été de plus en plus contrôlés et gommés par tous les pouvoirs. Il existe ainsi de nos jours un taux d'usure maximum à ne pas dépasser pour les prêts d'argent sous peine de se retrouver en infraction avec la loi. Ce taux maximum était jusqu'à il n'y a guère de 18%. Le paient ceux qui utilisent le crédit à très court terme à la consommation (organismes de prêts genre Cétélem)....ou ceux dont le compte en banque passe sous la ligne rouge (agios prélevés par les banques sur les comptes débiteurs). Ces taux trois à quatre fois plus élevés que le taux naturel, aux yeux du législateur, se justifient par l'important risque encouru par le prêteur (et de fait, au moins 20% des prêts consentis par les officines de prêts à taux usuraires ne sont jamais remboursés...).

Il existe aussi une autre sphère dans laquelle les taux d'intérêt dépassent largement les 5% de l'accroissement sain et régulier d'une économie qui fonctionne bien : la sphère de la finance frauduleuse, dont le socle est le trafic de drogue et la prostitution. Un prêteur puissant et bien informé, grâce aux circuits de blanchiment de l'argent sale, peut espérer du 12% l'an nets d'impôts. Certes 12% cela peut paraître dérisoire au regard des énormes profits de ces trafics délictueux, mais en réalité pour un gros prêteur qui les perçoit régulièrement pendant une dizaine d'années, c'est le jackpot : une somme placée à 12% est multipliée par 3,1 en dix ans ! le quintal de morphine-base extraite du pavot qu'aura vendu un honorable paysan Afghan au prix de 5000 euros , s'il parvient à Marseille, verra son prix multiplié par vingt. Même en défalquant un gros quart pour la Police, le stock non saisi par la Police représentera déjà 15 fois le prix payé au paysan. Une fois transformée en héroïne pure dans quelque labo plus ou moins clandestin, les 5000 euros vaudront 3 000 000 d'euros. Au total, l'investissement payé au paysan aura rapporté 600 fois sa valeur, donc dans ces conditions on ne comprend pas pourquoi le prêteur se contenterait de 12%. Il suffit pour le comprendre de réfléchir un peu plus loin : le gros prêteur richissime et anonyme qui encaissera son 12% nets d'impôts ne sera jamais inquiété pour trafic de drogue, lui. Les circuits de blanchiment de l'argent sont faits pour ça, pour le prémunir contre toute poursuite, pour lui garantir un super-anonymat que personne ne peut violer, même pas ceux qui le lui garantissent. Tout le reste du super-bénéfice que rapporte la drogue sert à rémunérer le risque pris par tous les protagonistes de l'organisation multitentaculaire qui assure la collecte de la drogue-base dans des pays du type Afghanistan et, après cela, son transport, sa transformation en héroïne-base et sa distribution par les dealers : tout un peuple de trafiquants petits ou gros qui se fait évidemment payer ses prises de risque au prix fort.
Mais en fait le plus heureux et de loin dans l'affaire, c'est bien entendu le gros prêteur qui empoche son 12% net régulièrement et sans risque.

Cette économie délictueuse est l'un des cancers qui a rongé les économies occidentales depuis au moins 1975. En effet, elle a détourné l'argent de sa destination naturelle : l'activité économique saine et utile à la société. Si nous avons subi tant de difficultés économiques depuis ce qu'on a appelé la crise de 1973-74, c'est parce que l'argent préférait trop souvent s'investir à 12% nets de charges et impôts dans des circuits relevant de la drogue et de la prostitution, qu'à 4 ou 5% nets de charges et impôts dans des activités industrielles ou agricoles utiles aux hommes. Ainsi , depuis 1977-78, on a pu voir coïncider une inflation forte à taux d'intérêt élevés avec une stagnation-régression économique (la fameuse stagflation menée tambour battant par Paul Volcker, sous le parrainage moral sulfureux de Milton Friedmann). Depuis 1993, les choses sont en train de changer, les gouvernements, à l'échelle mondiale, semblent avoir compris la nécessité de lutter contre cette économie parasitaire, et d'investir l'argent dans les activités économiques traditionnelles. Certes ils le font désormais à l'échelle du marché mondial tout entier, mais c'est là une autre histoire...

Les taux d'intérêt moyens observés dans le monde occidental tournent à nouveau autour de 4 à 5%, ce qui est sain et présage d'une stabilité à long terme.

Toutefois ce taux d'intérêt n'est qu'apparent, il faut en défalquer l'érosion monétaire, laquelle tourne entre 0,5% et 2% l'an dans toute la sphère occidentale.

On peut donc considérer que le taux réel de l'argent aujourd'hui dans la sphère économique occidentale se situe entre 2 et 3% l'an. Si les gouvernements parviennent à maintenir la paix à très long terme, c'est un taux moyen sur lequel on peut compter pendant un bon siècle. Il y aura peut-être des hauts et des bas, mais on ne voit pas ce qui pourrait empêcher, dans une version moderne, une réédition de l'exceptionnel siècle de stabilité monétaire européenne qu'a été le 19ième siècle. IL EST DONC RAISONNABLE DE TABLER SUR UN TAUX MOYEN REEL DE 2,5% A TRES LONG TERME DANS TOUTE L'EUROPE.


• 2 : LES FORMULES DE BASE SUR L'INTERET COMPOSE


L'argent prêté produit des intérêts, et à leur tour ces intérêts, s'ajoutant au capital initial, produisent d'autres intérêts : c'est ce qu'on appelle l'INTERET COMPOSE.

Lorsqu'on raisonne à très long terme, il est indispensable de travailler avec l'hypothèse que L'INTERET SE COMPOSE A CHAQUE INSTANT, ce qui permet de remplacer les lourdes formules de fonctions en escalier par des formules élégantes utilisant des exponentielles. Ces formules donnent des INTERPOLATIONS des résultats discontinus trouvés avec les formules directes en escalier; Ces interpolations sont si fines qu'elles conduisent, pour les tableaux d'amortissement d'un prêt immobilier à 15 ans par exemple, à des différences sur le montant des mensualités de l'ordre du centime d'euro à peine.

D'autre part, on a intérêt, pour y voir clair, à raisonner EN MONNAIE CONSTANTE, c'est-à-dire comme si l'érosion monétaire était nulle. Ainsi cela donne une juste idée de la véritable évolution d'un placement. Les taux d'intérêt obtenus en considérant la monnaie constante sont appelés TAUX REELS.
La MONNAIE NOMINALE est la monnaie réelle, telle qu'elle résulte du mécanisme de l'érosion monétaire; Si le taux d'érosion monétaire est e, pour obtenir des calculs corrects, il faut remplacer i par i'=i+e. Le taux i' est appelé TAUX D'INTERET NOMINAL. Le passage de l'un à l'autre étant évident, il n'y a aucune raison de se priver de la simplification confortable consistant à raisonner en monnaie constante donc en taux réels.

Le cas le plus simple d'intérêt composé est celui d'un capital C placé à un certain taux annuel i pendant T années. Au bout des i années, ce capital sera devenu

C'=C multiplié par (1+i)^T.

Par exemple, avec i=2,5% et T=20, on trouve

C'=C multiplié par 1, 638.....

Si au lieu de composer l'intérêt chaque année on le compose à chaque instant, on aura :

C'=C multiplié par exp(iT)

Donc dans notre exemple :

C'= C multiplié par 1,648...

ce qui confirme la grande valeur de l'interpolation obtenue en utilisant les exponentielles.

Voici maintenant un cas un peu plus complexe, celui d'un placement régulier, tel que par exemple le versement systématique de cotisations à une caisse de retraite par capitalisation.
Nous avons un flux de cotisation F au taux d'intérêt i pendant une durée T. Quel sera le capital accumulé au bout de cette durée T ? Le flux F représenté la cotisation par unité de temps.

Appelons C(t) le capital accumulé au bout du temps t, la date t=0 étant celle du début des cotisations. A l'instant t+dt, on a :

C(t+dt)=C(t)+i(C(t)+ F)dt=C(t)+dC,

donc dC/dt=iC(t)+F, avec la condition initiale C(0)=0.

C'est là une petite équation différentielle du niveau le plus élémentaire qui soit, à la portée de n'importe quel lycéen pas trop demeuré, dont la solution est :

C(t)=(exp(it)-1)(F/i).

Par suite, le capital C' accumulé au bout du temps T est :

C'=(exp(iT)-1) (F/i).

Ainsi avec un flux de 3600 euros par an pendant 40 ans pour un intérêt réel moyen de 2,5%, on trouve :

C'= 247 432,5832.... euros

Mais cela ne suffit pas à comprendre le problème des retraites. En effet, lorsque le capital accumulé est utilisé par son détenteur pour se constituer sa retraite, les sommes non encore utilisées produisent à leur tour un intérêt réel. Le retraité se trouve donc dans la position d'un prêteur qui est remboursé à tempérament.
Nous devons donc comprendre quels remboursements sont dus à un prêteur qui n'est remboursé qu'a tempérament, toujours en supposant que l'intérêt se compose à chaque instant. Pour simplifier, nous supposerons que le remboursement se fait à flux constant (nous excluons dons les prêts à taux révisables).

Soit donc un capital C prêté au taux i pendant une durée T et qui n'est remboursé que par une flux constant R. Il s'agit de calculer R (remboursement par unité de temps).

Soit à nouveau C(t) le capital restant dû à la date t, sachant que C(0)=C et C(T)=0. On obtient :

C(t+dt)=C(t)+dC=C(t)-Rdt+iC(t)dt,

donc

dC/dt=iC(t)-R

ce qui donne facilement par un calcul analogue au précédent:

C(t)=C(0)(exp(iT)-exp(it))/(exp(iT)-1) ; R=iCexp(iT)/(exp(iT)-1)

Essayez ces deux dernières formules pour épater votre banquier, en lui construisant vous-même EN UN CLIN D'OEIL le tableau d'amortissement de n'importe quel prêt immobilier à mensualités constantes et non révisables qu'il pourra vous proposer (C(t) donne le capital restant dû à la date t).

Voici deux exemples :

1er exemple : prêt immobilier de 150 000 euros sur 15 ans à 3% (hors assurances).

Le remboursement annuel sera 9973 euros, ou si vous préférez 831 euros par mois.

2ième exemple : prêt de 247432 euros sur 20 ans à 2,5%. Le remboursement annuel sera
15721 euros, ou si vous préférez 1310 euros par mois.

Nous sommes maintenant armés pour nous attaquer au problème des retraites.

Avant d'entrer dans le dur de ce sujet, une observation sur la durée de la retraite. L'espérance de vie moyenne à la prise de la retraite est 20 ans. Bien sûr certains vivent plus longtemps que d'autres. Mais s'agissant de caisses de retraite gérant des dizaines de milliers de pensionnés, il est clair que c'est un devoir, pour les gestionnaires, de tabler sur une durée de retraite de 20 ans. La loi des grands nombres est implacable et donnera des résultats exacts à une très grande précision. Même des exceptions comme Jeanne Calment ne peuvent en aucune façon menacer l'équilibre de la Caisse !

CHAPITRE 2 : COMMENT REVENIR A LA RETRAITE PAR CAPITALISATION

CE QUE DONNERAIT LA CAPITALISATION SI ELLE EXISTAIT DEJA

La retraite par capitalisation s'obtient en cotisant régulièrement à une caisse de retraite pendant une durée T, qui restitue un capital en fin de contrat. Ce capital à son tour produit une retraite servie comme rente viagère à l'adhérent. Nous avons déjà expliqué comment doit être calculée la rente : pour assurer l'équilibre de la Caisse, son montant uniforme pour tous doit être calculé sur l'espérance de vie moyenne E à la prise de la retraite.

Actuellement, il est raisonnable de prendre T=40 ans et E=20 ans. Ces chiffres ne varieront guère à la hausse dans le siècle à venir. Soit dit en passant, il ne faut pas confondre l'espérance de vie à la naissance et l'espérance de vie à la prise de la retraite; Si l'espérance de vie à la naissance est certainement appelée à augmenter encore un peu dans l'avenir, celle à la prise de la retraite augmentera beaucoup moins. On se rapproche en effet de plus en plus du plafond biologique implacable qui régit la mort biologique obligatoire des individus (une cellule humaine ne peut pas subir plus de sept mitoses sans mourir). Certains politiciens n'ont pas été très honnêtes quand ils ont affolé les gens sur la ruine du système des retraites qu'entraînera selon eux l'augmentation de l'espérance de vie à la naissance, car ce faisant ils ont allègrement (et peut-être sciemment) confondu cette espérance avec l'espérance de vie à la prise de la retraite.

Remarquons aussi que la durée de cotisation n'est nullement un butoir incontournable dans le système de retraite par capitalisation. Si un cotisant veut s'arrêter avant 40 ans de cotisations, aucune pénalité n'est nécessaire pour assurer l'équilibre de la Caisse : il suffit à celle-ci de calculer le capital-retraite accumulé et de le distribuer en fonction de l'espérance de vie à l'âge où le cotisant s'est arrêté. Seule condition toutefois: qu'il y ait suffisamment de cotisants s'arrêtant à cette durée-là, de manière que la calcul des rentes viagères correspondantes, grâce à la loi des grands nombres, n'expose pas à de mauvaises surprises.
La sagesse commande donc de n'autoriser qu'un petit nombre de durées de cotisations nécessaires pour prendre la retraite, ces durées étant déterminés de manière que pour chacune d'elles, le nombre des cotisants s'arrêtant à cette durée-là soit assez grand pour que la loi des grands nombres s'applique. Ainsi la caisse peut offrir, après avoir déterminé ces durées-là, une retraite à la carte dans certaines limites : par exemple elle pourra offrir 35 ans, 40 ans et 45 ans de cotisations, pourvu qu'à chacune de ces durées le nombre de cotisants qui prennent leur retraite à cette durée-là dépasse quelques dizaines de milliers. Pour simplifier, nous supposerons que la Caisse a suffisamment d'adhérents pour permettre ce choix entre les trois durées 35 ans, 40 ans et 45 ans, ainsi nous pourrons donner quelques exemples.


Il est important de noter que ce choix de retraites à la carte N'EST POSSIBLE QUE DANS LE CADRE DES RETRAITES PAR CAPITALISATION. En effet, le système de la répartition consistant à distribuer tout de suite le cotisations des actifs aux retraités du même moment, on voit bien que toute baisse de l'âge de la prise de la retraite entraîné mécaniquement une baisse des pensions moyennes servies. CE QUI EMPECHE LA RETRAITE A LA CARTE, C'EST DONC EXCLUSIVEMENT LE CHOIX DU TOUT-REPARTITION POUR SYSTEME DE RETRAITES.

Pour que la retraite obtenue soit équitable, il est indispensable que l'intérêt réel des sommes placées dans les Caisses de retraite soit INTEGRALEMENT VERSE AUX COMPTES DES COTISANTS, ce qui exclut tout prélèvement fiscal sur ces intérêts. Qu'une fois la retraite acquise, elle devienne imposable en tant que rente viagère n'est pas inéquitable, mais c'est totalement disjoint de la défiscalisation lors de la phase de capitalisation (la phase de capitalisation, c'est la durée T pendant laquelle on se constitue le capital-retraite).

Que les cotisations versées à la Caisse de retraite soient exclues du revenu imposable peut se discuter mais n'est pas inéquitable non plus dans le cadre d'une économie saine et prospère, car la faiblesse des intérêts réels à long terme garantis aux cotisants le justifie : quand l'économie se porte bien, le taux d'intérêt réel que rapportent les fonds placés dans les Caisses est notablement supérieur aux 2,5% garantis, et le surplus peut être récupéré par l'état, il suffit pour cela de taxer les Caisses selon un système avec plancher : la taxation des bénéfices n'est due que sur la fraction de ces bénéfices qui dépasse les 2,5% en question (en fait un petit peu plus de 2,5% car il faut tenir compte de 0,2 ou 0,3% de frais de fonctionnement des Caisses, ces frais étant actuellement minimes grâce à l'informatique moderne).

Rappelons qu'une cotisation de F par unité de temps pendant une durée T à un taux d'intérêt réel i produit au bout du temps T un capital-retraite de

C=(exp(iT)-1)(F/i)

et que ce capital-retraite, servi pendant une durée E égale à l'espérance de vie moyenne à la prise de la retraite, garantit une rente viagère V par unité de temps donnée par :

V=iCexp(iE)/exp(iE)-1)

Il ne reste plus qu'à exposer quelques exemples pour voir ce que cela donne.

Exemple 1 : supposons que F= 300 euros par mois pendant 40 ans, donc E=20 ans.

La capital accumulé est donc :

C=247 432 euros

et la rente viagère obtenue est donc :

V=15721 euros par an, c'est- à-dire 1310 euros par mois.

Pour ceux qui ne comprennent les chiffres qu'en francs, cela signifie qu'une cotisation retraite annuelle de 23614 francs produit au bout de 40 ans un capital-retraite de 1623703 francs, lequel donne une rente viagère de environ 8600 francs par mois.

Cet exemple 1, je ne l'ai pas choisi au hasard, il correspond sensiblement à la cotisation actuellement prélevée au titre de la retraite sur un salaire égal au SMIC.

Exemple 2 : reprenons le même smicard, mais qui désire s'arrêter après seulement 30 ans de cotisations. Son espérance de vie à la prise de la retraite sera donc environ 30 ans (en réalité, un peu moins, car plus l'âge où l'on calcule l'espérance de vie est bas, plus l'âge total obtenu en rajoutant cette espérance de vie à l'âge où on la calcule est bas).

Le capital acquis au bout de 30 ans sera :

C=160848 euros,

et la rente viagère correspondante sera donc :

V=7621 euros par an, c'est-à-dire 635 euros par mois.

Autrement dit, pour ceux qui préfèrent les francs, un smicard qui déciderait de s'arrêter au bout de 30 ans de cotisations aurait une rente viagère de 4166 francs par mois.


Exemple 3 : reprenons notre smicard, mais qui désire s'arrêter cette fois après 35 ans de cotisations. Son espérance de vie à la prise de la retraite sera donc environ 25 ans (en réalité, un peu moins, car plus l'âge où l'on calcule l'espérance de vie est bas, plus l'âge total obtenu en rajoutant cette espérance de vie à l'âge où on la calcule est bas).

Le capital acquis au bout de 35 ans sera :

C=201438 euros,

et la rente viagère correspondante sera donc :

V=10836 euros par an, c'est-à-dire 903 euros par mois.


Autrement dit, pour ceux qui préfèrent les francs, un smicard qui déciderait de s'arrêter au bout de 35 ans de cotisations aurait une rente viagère de 5923 francs par mois.


Exemple 4 : supposons que notre smicard pète la forme, adore son métier et décide de cotiser 45 ans. Son espérance de vie à la prise de la retraite sera environ 16 ans. Le capital-retraite qu'il aura accumulé sera :

C=299551 euros,

et la rente viagère correspondante sera 22715 euros par an, soit 1893 euros par mois.

En francs, cela signifie que le smicard qui décide de cotiser 45 ans doit percevoir une rente viagère de 12416 francs par mois.

qu'on n'objecte pas les pensions de réversion : aux âges élevés, les espérances de vie des hommes et des femmes sont peu différentes (les espérances de vie d'un homme de 65 ans et d'une femme de 65 ans ne diffèrent que de deux ans environ), donc la prise en compte des pensions de réversion, même sans conditions de ressources, n'influerait que marginalement sur les chiffres ci-dessus.

Les exemples ci-dessus sont suffisamment éloquents, ils prouvent sans contestation possible que L'ACTUEL SYSTEME DE RETRAITE PAR REPARTITION SPOLIE LES COTISANTS D'AU MOINS UN TIERS DU FRUIT LEGITIME DE LEURS COTISATIONS.

Cette spoliation est tout simplement le prix de l'énorme crédit à perpète que les français ont été obligés de tirer sur eux-mêmes en 1945, afin que leurs personnes âgées ne meurent pas de faim, pour compenser la perte définitive de leurs retraites par capitalisation antérieures à 1914. C'est ce système de crédit, qui plombe sans espoir le niveau de vie de tout le monde, que nos syndicats marxistes aussi bêtes que méchants qualifient de magnifique système de solidarité entre générations.

Ça va mieux... ? :wink:

Cordialement,
Pajala

La monnaie (27/09/2006)

La valeur "en soi" n'existe pas !

Imaginez une planète où les humains auraient disparu : l'or y aurait-il une valeur ? Les diamants ? Le pétrole ?
Non, bien sûr, la question elle même n'aurait pas de sens ! Qui la poserait d'ailleurs ?
Les parpaings, les rouleux de cuivres ont pour avantage d'être pas trop faciles (contrairement à la monnaie) à dupliquer ; ils ont comme inconvénient d'être difficile à échanger (il faut que votre boulangère ait besoin d'un parpaing pour que vous ayez un croissant le matin) et plutôt lourds !

La valeur n'est que la quantification du désir. Toutes ces histoires de valeur ne sont que psychologie ! La monnaie est désirée parce qu'elle est échangeable contre tout. Lorsque la monnaie est désirée pour elle-même, on a une maladie du désir, l'avarice, superbement décrite par l'Harpagon de Molière.
La bulle immobilière n'est qu'une pathologie du désir pour la pierre. (Mais reste à comprendre pourquoi.. Comment, nous savons ; mais le pourquoi a été bien peu exploré).
L'or est rare, il est aussi désiré en raison de ses qualités métalliques, inaltérabilité (symbole d'immortalité), mais fondamentalement cela ne change rien au problème. Le désir pour l'or a d'ailleurs été bien faible ces vingt dernières années.

Reste à savoir si il est si raisonnable d'abandonner le désir dans les mains de machins administratifs, dirigés néanmoins pas des hommes (qui ont leurs propres désirs aussi), fut-ce des banques centrales supposées indépendantes....
Ou si le désir doit rester chez l'individu qui le porte....
Un vaste débat, non ?
Courage
Pajala

Placement (01/09/06)

Ce qui (vous) est difficile, c'est de raisonner in-di-vi-du-elle-ment !
Le grégarisme, l'influence des autres (et leur regard) incitent au panurgisme, c'est là une force très puissante et très commune (la preuve : les bulles) et il faut une solide personnalité pour arriver à s'en écarter.
L'éducation que l'on reçoit ne nous y aide pas, par contre un bon sens à la paysanne nous apporterait de solides indications et informations.

Quand une baraque ordinaire, dans un quartier qui l'est aussi, se paie 48 ans de Smic (vu ici, mais chais plus où) tu peux faire le raisonnement suivant : une telle masure se met debout avec trois potes en un an. Donc quatre ans de travail ; manque 44 ans ! Où sont-ils : dans le foncier ! Ce foncier là est-il si rare (exceptionnellement bien placé) que ça "vaille" tant ? La réponse est manifestement non (c'est pas le quai d'Orléans) ; de plus une vie de travail pour simplement ce loger est tenable ? La réponse est manifestement non !
Il s'agit là d'un raisonnement très grossier, mais ça donne une idée des ordres de grandeurs.
Donc problème. Donc j'achète pas, et peu importe ce que font les autres.

Pendant la bulle Internet je me souviens d'une valeur que je suivais, un truc sérieux (qui existe toujours) pas un machin .com bidon.
La valeur avait un PER de 88 ! 88 de PER, en prenant une valeur raisonnable de DR de 12 voire 13, ça suppose un taux de croissance de 50 %/an. Ce qu'effectivement la société en question faisait alors. Mais ça supposait aussi que ces 50 % se poursuivent pendant 12 ans, sinon c'est incohérent. Or les marges étaient déjà bonnes, la part de marché excellente, la croissance ne pouvait se faire, pratiquement, que par augmentation du marché (qui était un marché neuf certes) ; j'avais rapidement calculé que 50 % pendant 12 ans ça faisait une multiplication par 130, impossible de fourguer 130 fois de plus sur le marché mondial. J'ai donc conclu à une anomalie et ai vendu.
Je me suis fait foutre de ma gueule par tous, en pleine euphorie boursière vendre de si beaux titres, il est fou le Pajala. D'autant qu'après avoir vendu, le titre a encore monté de 20 % ! Puis...., s'est crashé (avec les autres) de 86 % ! Il a remonté depuis, mais ne vaut que 30 % de ce que je l'ai vendu.

Avec des outils très simples, on arrive à pas mal de choses ! Certes détecter le moment exact d'un retournement de marché est impossible, ceux qui y sont parvenus ont eu tout simplement de la chance (et certains s'en vantent grotesquement).
Et personne ne s'est appauvri en vendant un peu trop tôt.
Ce qui est, psychologiquement, difficile est de prendre le contre pied des mouvements collectifs.
J'ai de la chance, pour moi, prendre le contre pied du collectif est une véritable joie !
Bien à vous tous,
Pajala

« Arriver à développer des pensées tranversales n'est pas forcément signe d'une forte personnalité !!
Dans ce cas, aller systématiquement "contre" serait un signe de bonne santé, alors qu'il peut (et c'est souvent le cas) prendre son origine d'une bonne petite névrose ....
Une pensée transversale, elle, sera le fruit d'une réflexion et d'un choix, fut-il dans le sens du courant moutonnier...
Sinon, pour le reste, je suis d'accord avec toi .... »

Bien sûr, il ne suffit pas de prendre le contre pied de ce qui se fait pour être "productif" ! Vous avez bien compris ce que je voulais dire... :wink:

Freud disait : "la névrose, c'est quand quelqu'un d'intelligent fait quelque chose de bête"!
On pourrait même aller très loin et dire que (sauf oligophrènes) il n'y a pas de cons, que des névrosés. (Confidence : j'y souscrirais assez...)
Lacan, à qui un patient reprochait le prix faramineux de ses séances (parfois de trois minutes !) lui avait répondu : "la connerie, ça n'a pas de prix" !
J'espère que chacun voit le rapport avec l'immo ! J'espère... :wink: :lol:

Bien cordialement à vous,
Pajala

Observation (23/07/2006)

J'ai travaillé dans la sécurité routière. Pendant un temps où je m'occupais des accidents d'enfants piétons sur le trajet de l'école, j'avais observé une petite anomalie statistique : des frères et soeurs accidentés un tantinet trop souvent. Allant interviewer, lorsqu'ils étaient survivants, les petits blessés je me suis entendu faire cette réponse : "je tenais la main de Marie et je pensais qu'elle surveillais" dit Jean pierre, "je tenais la main de Jean Pierre et je pensais qu'il surveillais" dit Marie !!!

Un truc psycho très profond dans l'âme humaine : la paresse intellectuelle, et le désir (grégaire) de se rassurer en imitant le voisin sans réfléchir ; voisin qui fait de même !

Et ça nous fait les belles bubulles !

J'en reviens à l'antienne favorite de Pajala : réfléchissez par vous-même !!!
Et ne vous en laissez jamais conter. Écoutez, certes, puis... par vous même !

P.S : Quand on a BIEN compris ça, il devient plus aisé de gagner de l'argent en bourse....

Bien cordialement,
Pajala

ECO :La généreuse politique de dividendes des sociétés du CA (Le Monde, 15/05/06)

Vous avez oublié ceci :

« "LE GRAND GAGNANT : L'ETAT"
Pourtant, "les grands gagnants de la hausse des profits des entreprises, ce ne sont pas les actionnaires mais l'Etat, via l'impôt sur les bénéfices, et l'entreprise elle-même, pour la partie de la valeur ajoutée qu'elle conserve sous la forme de bénéfices, pour racheter ses propres actions ou investir", assure M. Vieille. »


1) Pour un actionnaire particulier, avec un portefeuille standard, ses revenus seront inférieurs en moyenne à ce qu'ils étaient en 2004, compte tenue de la fiscalité (refus de rembourser la créance de l'avoir fiscal, augmentation de la CSG..). Quelle autre catégorie sociale accepterait une baisse autoritaire de ses revenus sans manifester et bloquer violemment les rues ?
2) Il faut savoir : si l'on veut garder quelques actionnaires en France et que le "patriotisme économique" ne soit pas que des mots creux, il faut cesser de les massacrer fiscalement et de les stigmatiser.
3) Ce n'est pas (heureusement à voir les résultats calamiteux de sa gestion) le Monde qui décide de l'affectation des résultats des entreprises françaises mais leurs légitimes propriétaires, c'est à dire leurs actionnaires ; ce sont d'ailleurs, in fine, eux, et seulement eux, qui investissent et prennent les risques. Il n'est d'ailleurs nullement interdit à quiconque de devenir actionnaire, c'est très facile même, mais voilà, c'est risqué ! Enfin, à part quelques cas particuliers (dont Arcelor et France Telecom, pour les raisons que chacun comprend) les actionnaires ne sont pas "favorisés" par rapport aux investissements. Et comme les investissements appartiennent aux actionnaires, au fond, je ne vois pas où est le débat.
4) Ne le prenez pas mal, mais ce n'est pas en lisant "Le Monde" que vous deviendrez intelligent. Au contraire ! Le but caché du Monde est, sous couvert d'une image de marque intellectuelle noble, héritée de son histoire, mais qui ne correspond plus à la réalité, de brouiller les esprits au profit d'amitiés politiques dont ils ne se cachent même plus, d'ailleurs.

Ce qu'aurait dû dire le Monde est que :

a) L'abandon du remboursement de l'avoir fiscal a été, très partiellement d'ailleurs, compensé par la fin du précompte, ce qui a permis et conduit les entreprises à augmenter leurs dividendes, mais que pour un actionnaire particulier l'opération est déficitaire ou neutre et que seul l'état a gagné dans cette affaire ; l'état et les très très gros actionnaires pour être honnêtement exhaustif, pour des raisons techniques que je ne développerai pas, faute de temps.
b) Ce sont les actionnaires qui investissent ! Les remarques comptables du Monde ne sont donc pas fondées, et n'ont, à bien y regarder, aucun sens. Il n'est nullement interdit à quiconque d'investir, soit en se portant acquéreur de titres, soit directement dans un projet personnel. Si peu le fait, il conviendrait de s'interroger sur le pourquoi et les VRAIES raisons ! La musique implicite du Monde veut dire que d'autres que les actionnaires devraient décider du sort réservé à l'argent des actionnaires ! En ne voyant même pas que ce genre de discours est de nature à décourager les investissements futurs, et donc à appauvrir notre pays. À moins que ce ne soit cette misère à venir qui ne soit recherchée pour elle-même.....
Brouiller les esprits, diffuser des idées sottes [sus aus actionnaires, mais investissez dans la pierre, profitez des taux bas !(la pierre est un actif mort !)], encourager la misère future, je laisse à chacun le soin de deviner pour quelles raisons, tout ça.....
Bien cordialement,
Pajala

« Je n'ai pas fait la même lecture que vous de cet article

Que ce soit le Monde, ou un autre média de masse à connotation plus ou moins intellectuelle... :lol: la multiplication des messages en faveur de la bourse commence à bien prendre corps dans l'esprit du petit investisseur moutonnier, qui jusqu'à présent ne jurait que par la pierre physique et inerte

Mais, amha, quand les entreprises cherchent "artificiellement" à attirer et à retenir des investisseurs juste cupides alors qu'une chappe de béton est en train de se figer - manque de visibilité à MT, patriotisme, gains de productivité de plus en plus aléatoires, recul des investissements à LT etc.. - le revers risque là aussi d'être sérieux. »

Votre lecture est intéressante. Ce n'est pas, je crois, celle que cherchait "Le Monde".....
Si l'on cherche à attirer et retenir les investisseurs, c'est qu'on en a besoin. La méthode, pour attirer l'épargnant n'est nullement artificielle et toujours la même : lui promettre un rendement appréciable.
Si je comprends bien ce que vous voulez dire, les entreprises seraient bien avisées de réinvestir une part plus grande de leurs bénéfices plutôt que de distribuer du cash (sous forme de dividendes ou de rachats d'actions) à leurs actionnaires. Fort bien, mais croyez-vous qu'ils n'y a pas d'investisseurs qui se soucient, eux aussi, de ça ? Et qui arbitrent en conséquence ? Combien de valeurs de croissance qui distribuent presque rien (ce qui, au passage, pose problème pour payer.. l'impôt !) et sont correctement, très correctement même, valorisées ?
Et puis, une part non négligeable des dividendes est réinvestie (ce qui donne la liberté d'investir dans une société B avec les dividendes de A), c'est même un argument pour la sur-taxation des dits dividendes : les actionnaires ne vont pas consommer leur revenus (sous entendu ce qui est "bien") mais les réinvestir ! Faudrait savoir !!!
Et puis, en attendant, les dividendes qui sont les revenus de certains, leur servent, aussi, à vivre (à payer le loyer...). Le long terme, c'est bien, et croyez que je ne suis pas le dernier à m'en préoccuper, mais comme disait Keynes, qui n'est pas particulièrement ma tasse de thé, enfin, surtout ses exégètes, "à long terme, nous sommes tous morts".
Les grandes entreprises, qui soignent leurs actionnaires, investissent, croyez-moi. Total le premier, qui ne néglige pas la recherche dans les énergies du futur, entre autres.
On pourrait investir plus et mieux ? Sans doute. Privilégier l'épargne, préparation et prévoyance de l'avenir à notre consommation effrénée ? Sans doute aussi ! Je n'y suis guère, intellectuellement, défavorable.

Maintenant, quand on commence à parler bourse dans la queue chez mon poissonnier, je commence, moi, à me méfier.... Tout comme quand on commençait à y parler placements immobiliers...
Ça sent la tonte de mouton alors. Après la tonte immobilière, je me demande où ils vont bien pouvoir trouver de la laine... Ah, ils sont forts..
Bien cordialement,
Pajala

Les dérivés financiers (11/03/2006)

Je me souviens avoir gueulé, et pas mal, lors de l'arrivée massive des dérivés dans les années 80.
Les marchés dérivés sont, devraient être, des marchés d'assurance. Les spéculateurs occasionnels ou habituels, professionnels ou non, y jouent le rôle d'assureurs (et en assurent la liquidité, aussi). On peut ainsi assurer un portefeuille contre la baisse, tout comme on assure sa maison contre l'incendie. Le risque de baisse étant considérablement plus élevé que le risque d'incendie, la prime d'assurance est bien plus chère. Je crois savoir qu'en Suisse il y a des assurances qui garantissent les propriétaires des tas de pierre contre la baisse de la valeur de leurs cailloux posés les uns sur les autres..
Le problème est que les marchés dérivés deviennent des marchés directeurs (on regarde l'évolution du dérivé avant d'acheter ou de vendre le sous-jacent !!). Le problème est que les volumes de ces marchés deviennent hallucinants, que les spéculateurs sont la contre-partie d'autres spéculateurs, bref que le truc devient fou. Qu'il y ait une spéculation "résiduelle" qui assure, au passage, la liquidité (qualité essentielle) des marchés, fort bien, mais qu'on en vienne à oublier que le sens de tout ça est, in fine, de financer des projets réels, des investissement réels et la satisfaction réelle des besoins réels de consommateurs réels est, évidemment, profondément malsain.
Tout comme pour le prix des tas de pierres, les hommes (enfin beaucoup) sont devenus fous. Ici, je crois plus en d'authentiques réflexions philosophiques qu'en des solutions législatives, dont les inévitables effets pervers apparaîtront vite pour ce qu'ils sont : pire encore que le mal.
Bien cordialement,
Pajala

Actionnariat (17/02/2006)

L'exemple d'Arcelor était pas très bien choisi, en effet. Quoique ! Le capital d'Arcelor est pas mal dans les mains de fonds étrangers. À force de dissuader le Français de mettre ses sous en actions on obtient ça ; plus de Français qui "placent dans la pierre", actif mort. (Et à titre subsidiaire empêche la jeunesse de se loger correctement !).
Parlons si vous le voulez bien d'Air Liquide ; voilà une boîte française, où les employés se sentent plutôt bien, leader sur son secteur, à la pointe de la technologie dont le capital est particulièrement éclaté puisque possédé par plus de 150 000 actionnaires (je n'ai plus le chiffre exact). Ces actionnaires sont des petits et moyens ! L'entreprise qui est un modèle de relation avec ses propriétaires est, de fait, inopéable ! Sans loi, ni violation du Droit ! Pourquoi ? Parce que ses actionnaires sont fidèles. Bien sûr, si on leur donne un gros gros morceau leur fidélité s'émoussera, aux actionnaires. Mais voilà, un gros gros morceau, ça fait trop cher pour un prédateur (pour le moment, en tout cas).
Ou comment renchérir le coût d'une OPA en jouant sur les sentiments d'attachement ! Comme personne, n'est non plus, obligé à quoi que ce soit dans cette affaire, je trouve le modèle assez sympathique. Sont pas cons chez Air Liquide, ils offrent, tous les deux ans, avec une réunion d'information, un buffet d'assez bonne tenue aux actionnaires, plus des zolis ballons gonflés avec des gaz pour les ch'tits nenfants ! Pas cons vous dis-je ! Si vous voulez un truc, avec une seule action vous avez droit au buffet (et aux ballons) à vie...... :wink:
Moi, les gens pas cons, et qui m'obligent à rien, ze les aime !
Pourtant la part des petits actionnaires français se réduit d'année en année (bientôt moins de 50%, je crois) au profit de fonds, essentiellement américains et anglo-saxons ! Le whisky au buffet campagnard serait-il devenu mauvais, ou les gens n'aimeraient-ils plus les petits (il y en a des très gros, aussi !) ballons ? Que nenni ! Là c'est l'état qui est en cause. À force de piquer tous les sous des actionnaires, ce qui ne rapporte pas grand chose puisque des actionnaires il n'y en a pas tant en France, mais qu'on fait ça pour, politiquement, faire plaisir aux malcomprenants qui sont, eux, nombreux, ben à force ça les décourage les actionnaires. Alors on vend, aux Américains et autres les titres pour acheter, tiens de la pierre. Quand les fonds seront majoritaires, l'OPA redeviendra un risque. Et il faudra alors augmenter la rentabilité, parce que les Ricains c'est pas avec du saucisson beurre qu'on va les séduire, eux ! Et qui dit rentabilié exacerbée, dit chtits trvailleurs moins bien heureux.
Mais quand on est ***, on est ***, que voulez-vous !
Vous pouvez vérifier, tout ce que je dis est exact (à la précision des chiffres près).
Alors ? Ça vous fatigue pas, vous, tous ces malcomprenants qui rôdent ?

Amicalement,
Pajala

Bourse +60% en 3 ans (Le Revenu, 13/12/2005)

« je pense qu'il y a encore une marge de progression puisque la presse et les particuliers ne se sont pas encore emparé de l'opportunité que représente à nouveaux la bourse. »


C'est effectivement une bonne boussole (certes pas la seule) !

« Moi, j'ai l'impression que la bourse c'est cuit maintenant, fallait être la il y a 3 ans. »


En effet, il fallait entrer (ou ré-entre) sur le marché à la fin de 2001.
Cela dit, la bourse n'est pas globalement surévaluée actuellement, mais on approche l'évaluation raisonnable, il serait bien que la hausse se calme.
Il faut toutefois observer marché par marché, valeur par valeur, il y a des trucs très sous évalués.
N'oubliez pas, non plus, que l'on peut assurer un portefeuille contre la baisse : il suffit d'acheter des puts à un assureur, pardon un spéculateur (c'est la même chose). D'ailleurs en observant la prime des puts on peut "sentir" si la marché est serein ou commence à être craintif.
Cordialement.

La bourse ce n'est précisément pas comme l'immobilier !
Une maison en 1998 et la même maison en 2005 c'est exactement la MÊME chose ; cela devrait plutôt valoir (un peu) moins cher puisque entre 1998 et 2005 la maison s'est (un peu) usée.
La bourse, c'est un ensemble de titres aux fondamentaux et parcours très divers, qui représentent des entreprises qui vivent, se transforment, se modifient, etc. La bourse n'est pas (plus) branchée sur la France, et son PIB à la croissance ridicule, mais sur le monde. De plus personne n'a besoin d'actions (alors que tout le monde a besoin d'immobilier pour se loger). Un hausse, même vigoureuse, de la bourse n'a ni les mêmes causes, ni les mêmes conséquences que celle, absurde, de l'immobilier.
Mais je reconnais que la bourse, très sous évaluée jusqu'à fin 2003, commence à être globalement à son prix. Globalement, ça veut dire qu'il y a des titres qui commencent à être chers, d'autres qui persistent à être bon marché.
De plus, il existe des outils pour se protéger d'une chute des cours pour ceux qui la redoutent : vente des titres possédés, bien sûr, mais aussi vente à découvert, achat de put, vente de call, construction de Straddle(Stellage), etc.
Aujourd'hui, il convient néanmoins d'être prudent pour ceux qui ne seraient pas déjà entrés et voudraient le faire maintenant.
Cordialement.

Astronomic house price rises will fall with a bump (Financial Times, 13/12/2005)

« sur les "conseils avisé" d'un spécialiste de gestion du patrimoine. »


Déjà "spécialiste de gestion du patrimoine", ça me fait rire. :lol:
Je disais à peu près ceci : en bourse, quand quelqu’un vous donne un conseil précis, fuyez ce quelqu'un !
Car il n'en sais, ne peut en savoir, plus que vous !
Alors, soit il vous ment (par intérêt) soit il se ment (et vous ment donc aussi) ce qui est encore pire.
Et comme les "spécialistes" ont fait des études pour perdre leur bon sens élémentaire.... :wink:
Anecdote : Il y a longtemps, on avait fait l'expérience suivante : on avait mis de l'encre sous les pattes d'un minou puis on l'avait fait marcher sur un journal financier posé à terre. Les titres marqués par les patounes du minou avaient été achetés. Dans le même temps on avait acheté les titres "conseillés" par un spécialiste (plus cher que le minou :lol:). Le portefeuille du minou a fait un peu mieux que celui du spécialiste !

« ....et gonflants sur les assurances dont on a rien à faire. »


Ah, ça c'est vu ! :lol: Vous avez remarqué aussi. :wink: Une bonne partie de "l'assurance vie" en euros (pas les contrats multisupports) va alimenter la dette de l'état. Et l'état aurait besoin d'argent, dit-on. Et comme, en France, l'état et les banques sont plutôt intimes, cinquante ans de nationalisation laissent des traces, on comprend mieux.

« la gestion réelle était assurée en centralisé par des gens sérieux »


Les seuls gens sérieux sont ceux qui vous avouent qu'ils ne savent pas grand chose, guère plus que vous.
Cordialement.

Trichet : 5 ans après même combat (L’humanité, 11/12/2005)

« Et c est pour masquer le décor que les japonais on inventé aujourd’hui une nouvelle taxe expresse sur l OR...applicable dès demain pour "freiner la spéculation". Ah ? Pourquoi ils l ont pas fait sur l immo il y a 20 ans ? Pourquoi pas sur les technos , il y a 5 ans ? »


Une taxe ne "freine" pas la spéculation ! Elle l'aggrave ! D'abord parce que c'est un signe que quelque chose se passe, ceux qui n'avaient rien remarqué jusqu'alors, y iront.
Ensuite parce que la taxe est immédiatement intégrée dans les cours, payée par les nouveaux entrants.
Aucune mesure administrative n'arrête une spéculation...
Ce qui peut arrêter une spéculation est le sentiment que le marché pourrait se retourner. Si le site de JMP était TF1, l'immobilier en France, il en serait où ? Bénissez son initiative, elle (vous) aura fait gagner quelques mois... Où en serait le marché SANS l'info qui circule sur Internet ? Car ça refroidit les ambitions, enfin certaines, soyez en quand même sûr.
Les Suédois ont porté le taux de l'argent au jour le jour à 500 % en 1992 ! Ça a ravagé l'économie, et n'a pas empêché une dévaluation de 30 % quelques semaines plus tard ; au passage un taux ÉNORME pour la couronne, une monnaie de pays développé, tout de même.
Cordialement.

« Quand la Bourse de Paris réalise 52 % de rendement en 1999, c'est de l'inflation, car aucune contrepartie matérielle n'existe. »


NON ! Voilà encore une contre vérité !
D'abord personne ne mange des actions à son déjeuner ! Les actions ne sont pas un "bien réel" consommable, contrairement à l'immobilier qui sert à se loger.
Ensuite, contrairement à ce qui est écrit, une "contre partie matérielle" existe bel et bien, peut être pas dans les proportions de la hausse des cours, mais n'est pas inexistante : le progrès technique, la hausse de la productivité qui s'y attache, la modification du portefeuille produits, etc.
Imaginez :
Vous achetez un titre A d'une entreprise A. Au moment de l'achat l'entreprise est un consortium qui fabrique des pneus et des câbles et quelques autres trucs, avec une rentabilité douteuse et un avenir plutôt incertain. Quinze ans plus tard le valeur de vos titres de l'entreprise A a été multipliés par 500 ; mais l'entreprise A fabrique alors des bijoux de haute technologie, désirés et réclamés par tout le monde, et est leader sur son marché ! La multiplication par 500 N'EST PAS DE L'INFLATION, il y a bien une contrepartie, de la valeur ajoutée (=satisfaction de besoin/désir) qui n'existait pas auparavant.
Ah, l'entreprise A, choisie pour illustrer existe : il s'agit de Nokia.
Il en est tout autrement de l'immobilier. Les prix dans mon quartier ont été multiplié par quinze en vingt cinq ans ; mais ce sont les mêmes immeubles !! Rien, ou si peu n'a changé ; de plus construits en 1840, ils sont comptablement amortis depuis longtemps, non ? À mes yeux, ce qui a le plus de valeur dans mon immeuble est... la prise Internet, fruit de l'intelligence, et de l'intelligence récente de l'homme. Le reste ne vaut pas grand chose, valeur d'usage certes, mais cela devrait valoir le même prix qu'il y a vingt cinq ans, à l'inflation (X 3 environ) près. Donc 15 divisé par 3, grosso modo les prix sont cinq fois trop hauts ! Et j'aimerais bien les voir redescendre à ce niveau raisonnable ; et vite. Pourtant, je suis propriétaire mais plus amoureux encore de la cohérence que de mon portefeuille. Et un tantinet inquiet pour l'avenir, aussi :wink:
Alors, pourquoi pas faire entrer dans l'indice des prix l'immobilier, puisque c'est aussi un bien de consommation à tout le moins d'usage ?
Mais le cours des actions, c'est tout autre chose.
Cordialement.


« Même pas ! Un immeuble ca se dégrade, il faut l'entretenir, et il se dégrade quand-meme. Sans amélioration majeures (parties REFAITES) le prix d'un immeuble doit baisser.
Maintenant la pratique, vous venez de prouver que ca se passe autrement :(
(En théorie, la théorie et la pratique sont le même chose, en pratique, elles sont différentes). »


Vous avez raison ! Mais je tentais de rester raisonnable. :wink:
Le marché immobilier est devenu fou. Le marché... c'est à dire les gens qui y interviennent, et principalement les acheteurs ; crise de masochisme aiguë ? Cela arrive quelquefois dans l'histoire.
Bien cordialement.

Des marchés financiers bizarres (Les affaires,18/11/2005)

« Les marchés financiers fluctuent de manière très bizarre depuis quelques semaines. Je sais que la plupart des investisseurs individuels focalisent énormément sur le marché des actions, mais quand je parle de marchés financiers, j'inclus aussi le marché des obligations, les monnaies et l'or.
........
Mon opinion personnelle est que ces changements annoncent une récession déflationniste, comme j'en parle depuis longtemps. Les bulles d'actifs (immobiliers), d'actions et de dette ont atteint leur apogée. Certains se réfugient dans les valeurs refuges, et d'autres se réfugient dans l'illusion … dans Google et Cie. Les investisseurs se cherchent et sont plus perplexes que jamais devant la complexité des marchés et de l'économie. Prudence … »


Lucides observations et pertinentes analyse de Paul Dontigny. Merci pour le lien.
Le marché actions ne me semble pas en bulle, il n'est pas globalement surévalué, certains secteurs commencent à l'être, Internet (Google) [franchement, cinq ans à peine après le krach Internet ! Sont indécrottables ces humains], d'autres sous évalués, ex Total.
Le marché immobilier est en plein délire et c'est ça, et seulement ça qui justifie sa conclusion.
Quant aux marchés obligations/or même Greenspan, lui-même, a déclaré publiquement qu'il n'y comprenait rien !
Hausse de l'or = inflation
Taux long faibles = déflation
Inversion de la courbe des taux = récession
Pour faire court, bien sûr.
Et si on ne posait pas la bonne question à ce tableau de bord ?
Et si une réponse était diffusion de la peur et aversion envers l'avenir ?
Nous allons le savoir, mais je suis dans le brouillard, comme les autres.
Bien cordialement.

Cycle de Kondratieff

La théorie des cycles me fait penser à l'analyse graphique en bourse, théories autovalidatrices, les intervenants lisent la théorie, y croient, prennent des décisions en fonction d'elle, et du coup la valident.
Jusqu'à ce qu'un (plusieurs) petit(s) malin(s) prennent une initiative à contre cycle et... gagnent. On fera alors une autre théorie.
Le Kondratieff est corrélé, lui, aux grands cycles d'évolutions techniques, vapeur-fer-charbon-voies_ferrées, électricité, automobile-pétrole, électronique-informatique-télécommunication ; à chaque fois on a un emballement des investissements-spéculation au début (avec des perdants...), une diffusion-croissance au milieu où tout le monde s'approprie la chose, puis enfin un épuisement du modèle (par satiété).
Le Kondratieff DÉCRIT assez bien cela. Mais quant à prévoir.... Et les cycles d'innovations sont de plus en plus rapides, la satiété de plus en plus précoce.... Il est bon de connaître ces théories pour se faire une opinion (ne serait ce que parce que d'autres les utilisent !) mais prévoir l'avenir.... Diantre !
Je ne lis pas dans le marc de café, alors dans le marc d'un café refroidi...
L'avenir est au hasard (Jacques Brel) et l'économie aussi. Cela veut dire que nous avançons dans le brouillard ; ce n'est pas une raison pour faire n'importe quoi, bien au contraire !
Cordialement.


« Ca signifie que Bernanke, qui ne cache pas son envie d'avoir 'un peu' d'inflation, va par cet artifice réduire mécaniquement la valeur de la dette américaine (publique et privée).
En bref ? Il faudra avoir de l'immobilier, de l'or, des voitures, des tableaux, du vin, des montres... de tout, SAUF de l'argent qui dort à la banque. L'effet d'une inflation maîtrisée à 5/6% par an sera mortel pour l'argent qui dort à la banque. Pas beau tout ça. »


Ce coup là, on l'a déjà fait dans les années 70, et, en effet, c'est très rigolo à vivre.
Mais après, on a trente ans et plus de gueule de bois, et ça, c'est moins rigolo.
Et puis ça marchait d'autant plus que la plupart (pas toutes) des banques centrales étaient sous la coupe des gouvernements, et que la distribution des crédits était administrée et les taux longs aussi.
Toutes choses qui n'existent plus ; nous aurons, très vite, une forte hausse des taux longs et l'étouffement de l'économie qui va avec. Ceux qui ont de l'argent à la banque n'ont nullement l'intention de se faire plumer, et ce ne sont pas les dizaines de millions de chômeurs qui achèteront maisons, voitures, châteaux et tableaux.
Et de Américains qui ont de l'argent à la banque, il y en a !
Cordialement.